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Notre œil sur les sorties

Next Men : des X-Men sans les X-Men ?

Publié le 19 février 2021 par Thomas Mourier
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Deuxième volume sur trois de l’intégrale de l’un des chefs-d’œuvre méconnus de John Byrne avant le grand final, découvrez une version futuriste des X-Men — ou presque !

Si comme beaucoup de lecteurs de comics, la Saga du Phénix Noir et le passage très remarqué de John Byrne sur la saga X-Men vous a marqué à vie, la publication en français de l’intégrale de ses Next Men est une des meilleures nouvelles du moment. 

Après avoir popularisé les X-Men et mis en avant Wolverine avec Chris Claremont, Byrne a des envies de scénario et s’attaque aux 4 Fantastiques avant de passer chez DC pour complètement réinventer Superman dans Superman Man Of Steel ou de revenir chez Marvel pour donner une place importante à She-Hulk ou lancer la série dérivée des X-Men canadiens Alpha Fight (intégrales chronologiques bientôt dispo chez nous). Xavier Fournier revient sur l’impact du travail et la carrière de John Byrne dans une préface au début du T1. 

Chaque passage de Byrne sur ces licences à laisser des traces indélébiles au point que la première trilogie des films X-Men de Bryan Singer ou le Man Of Steel de Zack Snyder empruntent beaucoup aux travaux & vision de Byrne. Et ce sera très probablement le cas pour la série She-Hulk qui arrive sur Disney+ 

Un concentré de la SF des années ‘80

John Byrne arrive chez Dark Horse/IDW, dans les années 90, avec le projet de créer ses propres séries en creator owned. Il ressort des designs & des idées qu’il avait proposé à Marvel à propos de X-Men dans le futur puis en fait autre chose, ce sera Next Men

© John Byrne / Delirium /IDW

Et Byrne condense toutes ses influences ou obsessions dans ce titre, on y retrouve des personnages aussi paumés que nos mutants préférés, un androïde Mark Ivey, aussi perdu que le jeune Kal-El ; ou encore des thématiques fortes sur les inégalités sociales, de violences, de viol, de racisme, de complot ou même d’avortement. Les scènes de sexes sont nombreuses, sans trop vous en dire, il se pourrait même que les pouvoirs ou mutations soient sexuellement transmissibles et avec cette série, le dessinateur propose un contenu plus adulte, violent, sexuel & référencé que ce qu’il a pu faire dans les majors. 

Si on peut reconnaître quelques traits communs avec les protégés du professeur X, la trame générale est plus centrée sur des thématiques SF que super-héroïques : les Next Men sont des super-soldats dotés de pouvoirs maintenus dans un coma artificiel qui leur offre une réalité virtuelle idyllique. Ces enfants doués se réveillent perdus, déconnectés de la réalité (un peu comme leurs équivalents russes, d’une autre manière) et vont devoir apprendre à maîtriser leurs pouvoirs, maîtriser les codes sociaux et échapper à leurs ennemis nombreux.

En parallèle, le dessinateur attaque une histoire d’androïde amnésique, qui cherche à comprendre d’où il vient. Mark IV ou Mark Ivey est lui aussi un enfant coincé dans un corps surpuissant et sa quête va finalement croiser celle des Next Men. L’édition française de Delirium présente les deux récits en parallèle qui n’en font plus qu’un. 

Idem pour Sathanas, l’entité démoniaque qui complote contre l’Amérique et le monde, avec son look à la Terminator. Principal responsable des malheurs des Next Men qui vient d’une autre histoire : 2112 qu’on peut aujourd’hui lire comme un prélude à Next Men. Dans cette histoire futuriste, Sathanas tient tête aux Safeguard, sortes de policiers ultra-violents à la Judge Dredd qui luttent contre les criminels mutants. Un récit de science-fiction plus classique, où le dessinateur prend du plaisir à créer des scènes improbables à base de dinos, de véhicules futuristes et de grosses bastons façon cow-boys spatiaux qui vont chercher dans la SF de Mike Resnick et sa saga Santiago publiée quelque temps plus tôt (et à qui il emprunte l’idée de fin).

Laissez tomber Marvel Comics, lisez Dollar Comics 

Sathanas débarque à notre époque avec des infos sur le futur et embrigade un sénateur un peu trop gourmand dans son complot. Les Next Men découvrent le monde noir & pessimiste des années 80-90, expérimentent la violence, le sexe et la fiction. 

© John Byrne / Delirium /IDW

Comme dans les productions Marvel initiées par Stan Lee, les personnages de Byrne dévoilent leurs failles plus que leurs pouvoirs souffrent des mêmes sentiments que leurs lecteurs et derrière le cadre SF on assiste à cette jeunesse qui se confronte au monde moderne.  La référence à Stan Lee n’est pas anodine puisque le jeune Danny se tourne vers les comics pour comprendre ce qui lui arrive. Il passe la porte des bureaux New Yorkais de Dollar Comics où un avatar du scénariste-rédacteur en chef lui ouvre grand les bras pour mettre en image ses prochaines aventures.

La critique autour de l’industrie de « Dollar Comics » est bien présente, comme une revanche après plusieurs mauvaises expériences de l’auteur qui a enfin les mains libres. Mais aussi comme un jeu méta, entre l’auteur & ses lecteurs qui préfigure sa réflexion sur She-Hulk et son envie de briser le 4e mur. Ironie, humour noir, ou humour référencé, l’auteur s’amuse dans cette oeuvre composite.

Il insère également des citations littéraires, philosophiques ou bibliques pour mettre en relief certains enjeux en ouverture de chapitres. En passant de Marc Aurèle à James Joyce, il a dû en déconcerter plus d’un, mais elles soulignent les grandes thématiques de la série sous le vernis action-SF des planches. 

Next Byrne 

Si dans l’intro, je rappelais que John Byrne avait influencé les productions des « Big Two » sur les thèmes et les relations entre les personnages, il est aussi un grand dessinateur qui a marqué les années 80-90. Avec un style très esthétique & anguleux, un dessin parfois chargé, plein de détails qui met le corps au centre de son art. Plein d’influences revendiquées, de Jack Kirby à Frank Miller ou encore Gene Colan, la patte Byrne a évolué tout au long de sa carrière. Loin de son passage sur les X-Men, les 4 Fantastiques, son travail sur Next Men se rapproche plus de son Superman sous influence de Frank Miller.

Si le trait cherche du côté de l’auteur de Sin City, l’ambiance aussi, des habitants de New York désabusés aux complots sordides & parties fines à Washington, en passant par la violence des forces de l’ordre ou des services secrets : le monde offert aux jeunes prodiges est loin de l’éden virtuel où ils vivaient (et malheureusement plus proche du nôtre.) 

Une série réunie en 3 volumes (dont le 2e tome vient de sortir cette semaine) + 2112 qu’on vous conseille fortement que vous soyez fans des X-Men, d’histoires de SF old school, de récits d’espionnages qui virent aux complots, d’histoires de passage à l’âge adulte difficile ou de séries indés politiques.

Next Men de John Byrne, Delirium (2 volumes dispos) 
2112 de John Byrne, Delirium
Traduction : VIRGILE ISCAN


Illustrations © John Byrne / Delirium /IDW

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