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Les incontournables

Le 9ème art au cinéma : 3 succès à la loupe

Publié le 01 février 2019 par David Mabiala

C’est désormais monnaie courante de voir les arts dialoguer les uns avec les autres et s’échanger des œuvres. Et dans ce registre-là, on peut dire que le cinéma et la bande dessinée BD sont de bons amis. Il est évident que le 9ème art est une source d’inspiration pour le cinéma, mais sur la route des adaptations, arriver à la destination nommée succès n’est pas forcément chose facile. Certains y sont tout même parvenus en laissant derrière eux de beaux souvenirs et de belles anecdotes à raconter ! En s’intéressant à tout cela,  on a décidé de vous faire découvrir (ou plutôt redécouvrir) 3 histoires atypiques d’adaptations de BD ayant rencontré le succès au cinéma !

Au sommaire 📰

Astérix et Obélix mission Cléopâtre de Alain Chabat produit par Claude Berri, sorti le 30 janvier 2002

Le Petit Nicolas  de Laurent Tirard produit par Marc Missonnier et Olivier Delbosc , sorti le 30 septembre 2009

Les gardiens de la galaxie de James Gunn produit par Kevin Feige , sorti le 13 août 2014

La référence : Astérix et Obélix Mission Cléopâtre

Adapté de la BD Astérix et Cléopâtre (Lire l’incontournable), de René Goscinny et Albert Uderzo, le film renommé Astérix et Obélix mission Cléopâtre est une œuvre culte qu’on a même plus besoin de présenter. Pourtant, le long métrage a bien failli ne jamais voir le jour, la faute à Alain Chabat. A l’époque, le cinéaste commence à se faire connaître et il vient tout juste de recevoir le César de la meilleure première œuvre pour son film Didier. Possédant les droits d’adaptations de la bande dessinée Astérix,  son ami le producteur Claude Berri l’encourage à se lancer dans une nouvelle adaptation cinéma du plus célèbre des gaulois. Le cinéaste accepte, d’autant plus que Claude Berri sort d’un succès avec son film Astérix et Obélix contre César,  première adaptation en prise de vue réelle de la BD d’Uderzo et Goscinny pour le cinéma.

Chabat se lance alors dans la recherche d’un album à adapter, et au départ il rejette totalement Astérix et Cléopâtre, trop difficile à tourner et nécessitant de trop gros moyens selon lui. Il hésite entre 2 albums : Astérix gladiateur, Le Combat des chefs ou Astérix légionnaire 2. Mais Claude Berri a la bonne idée d’insister avec Astérix et Cléopâtre. Le producteur est un visionnaire. Il imagine déjà le succès du film en pensant à quel point les costumes et les décors égyptiens de la BD pourraient être somptueux sur grand écran. L’intuition de Claude Berri était la bonne !

Le scénario du film séduit les foules. Dans le long métrage, la reine Cléopâtre veut prouver à Jules César, l’arrogant  empereur romain, que l’Egypte est toujours une grande civilisation en construisant un gigantesque palais au milieu du désert en seulement trois mois. Pour ce challenge, elle fait appel à Numérobis. Ayant très peu de temps pour réussir sa mission, l’architecte décide de partir en Gaule pour demander de l’aide à son vieil ami, le fameux druide gaulois Panoramix. Accompagné de ses amis Astérix et Obélix, et  de leur chien Idéfix, le détenteur du secret de la potion magique accepte de suivre Numérobis à Alexandrie. Tout au long du film, ils devront déjouer les coups bas des romains et de l’architecte royale Amonbofis, jaloux de ne pas avoir été chargé du projet de la construction du palais par Cléopâtre. Si Numérobis échoue, il sera jeté aux crocodiles.

Astérix et Obélix mission Cléopâtre devient un classique incontournable, et 17 ans plus tard le film reste sans doute l’adaptation BD au cinéma la plus connue en France. Sa réussite, le long métrage la doit aussi beaucoup à son casting : Christian Clavier, Gérard Depardieu, Jamel Debbouze, Claude Rich, Monica Bellucci,  Gérard Darmon, Isabelle Nanty, Dieudonné ! À l’époque, les acteurs sont tous déjà des références ou des étoiles montantes du cinéma ou de l’humour français. Le film va définitivement propulser certains d’entre eux dans la catégorie des grands ou alors confirmer leur statut d’icône pour d’autres.

Le long métrage doit également son succès à l’harmonie entre son scénario et la BD. Lors d’adaptation sur grands écrans, on a coutume de voir beaucoup d’œuvres s’éloigner de ce qu’elles peuvent être à l’origine. Pour Astérix et Obélix mission Cléopâtre, ce n’est pas le cas. Malgré quelques petits détails différents, le long métrage reste très fidèle à la BD. L’esprit du film est identique à celui des planches d’Uderzo et Goscinny avec une intrigue où le suspens  côtoie constamment l’humour et les situations à prendre au second degré ! Ce qui plait forcément aux fans de la BD !

Au box-office c’est un véritable carton avec 14 194 819 entrées en France ! (Allocine). Les reconnaissances dans le monde du cinéma ne manque pas également : César 2003 des meilleurs costumes, nominations dans les catégories meilleures décors et meilleurs acteurs dans un second rôle pour Gérard Darmon et Jamel Debbouze ou encore le prix du meilleur acteur pour Alain Chabat aux European Film Awards 2002. Astérix et Obélix mission Cléopâtre s’érige donc au rang de film référence, d’autant plus que les adaptations suivantes du petit gaulois ne vont pas toutes connaître le même succès.
Seul Alexandre Astier parvient à s’approcher de ce niveau de succès avec Astérix : Le Domaine des dieux en 2014, et Astérix : Le Secret de la potion magique en 2018. Une performance d’autant plus remarquable et inédite pour le dernier qui n’est pas adapté d’un album de la série !

Le prototype des 2010’s : Le Petit Nicolas

Voilà un mois que nous sommes en 2019, et cette année marque la fin de la décennie des « 2010’s ». Dix années riches en films français inspirés du 9ème art : Tamara volume 1 et 2, Boule et Bill, Spirou, le Marsupilami, Benoît Brisefer Les taxis rouges, Joséphine, Lucky Luke… Mais impossible de se rappeler de tout ça sans parler du Petit Nicolas malgré son statut un peu à part entre livre jeunesse et bande dessinée, par l’importance de ses dessins et de sa mise en page au cœur du texte ! Sorti en septembre 2009, le film réalisé par Laurent Tirard va marquer les esprits en lançant de belle manière cette vague de multiples adaptation de BD sur grand écran durant la dernière décennie. C’est vrai qu’en choisissant un des personnages phares parmi les œuvres de l’incontournable René Goscinny, Laurent Tirard s’assure d’emblée une audience en salle assez importante, mais pourtant le défi reste de taille.

Qui dit reprise d’œuvre culte, dit aussi grosses attentes ! Le réalisateur a les regards braqués sur lui, notamment pour le scénario. Etant rédigée sous forme de courtes histoires de seulement quelques pages, cette série est composée d’albums illustrés qui ne suivent pas d’ordre chronologique particulier et qui sont la plupart du temps du temps indépendants les uns des autres.  Cela pousse Laurent Tirard à créer une nouvelle aventure pour le Petit Nicolas. Le défi du réalisateur est de faire un tout nouveau scénario tout en restant fidèle à l’esprit de l’oeuvre incarnée par un petit garçon drôle et attachant, et marqué par un univers scolaire très prégnant.

Pour garantir le succès du film, les équipes de production font appel  à Alain Chabat pour le scénario. Le metteur en scène fait parler son talent et son expérience dans l’écriture des dialogues et la mise en place de scènes et de situations humoristiques. Les producteurs Marc Missonnier et Olivier Delbosc ont également l’ingénieuse idée de mettre en lien Laurent Tirard, Grégoire Vigneron et Anne Goscinny pour travailler le scénario. Avec la présence de la fille de René Goscinny dans cette équipe de réalisation, le film gagne une certaine forme de légitimité auprès du public. La digne héritière de la famille Goscinny déclare d’ailleurs au média Unifrance: « Ma passion pour cette œuvre m’impose le devoir de faire en sorte que cette adaptation soit la plus réussie possible. Je n’avais pas le droit de laisser passer quelque chose qui m’aurait paru ne pas convenir ».

Laurent Tirard et son équipe vont donc nous présenter  un Petit Nicolas embarqué dans une nouvelle intrigue pour ce long métrage ! Une aventure dans laquelle le petit garçon mène au départ la vie idéale et  tranquille d’un enfant chouchouté par ses parents. Avec ses camarades de classe, le petit bout en train s’amuse comme un fou en faisant toutes sortes de jeux enfantins mais surtout de nombreuses bêtises. Son quotidien bascule le jour où il pense découvrir que sa mère est enceinte. Pour le petit garçon, c’est la panique totale. Il s’imagine qu’avec la naissance d’un petit frère, ses parents ne vont plus prendre soin de lui et finiront par le rejeter. L’histoire plaît au public et le film va faire un véritable carton ! Mais sur la route de chaque succès, il y a eu des obstacles et toujours des petites anecdotes croustillantes à raconter.

Lors de la rédaction du scénario, le rôle de la mère de Nicolas a été écrit sur mesure pour Valérie Lemercier. Et pourtant, elle a bien failli laisser sa place à quelqu’un d’autre. À l’époque, l’actrice venait de terminer le tournage de son film Agathe Cléry dans lequel elle avait joué. Pour le rôle du père, Kad Merad a su interprété le personnage à merveille alors qu’avant le tournage, il ne connaissait même pas la série ! L’acteur a dû lire plusieurs albums pour se plonger dans son rôle et savoir comment l’incarner.

Le plus étonnant reste tout de même Maxime Godard dans la peau du petit Nicolas. Âgé de 10 ans à l’époque, le jeune garçon paraît interpréter son rôle avec tellement d’aisance derrière la caméra. En plus de ressembler physiquement au héros de la BD, Maxime Godard a déjà tout le talent nécessaire pour se mettre dans sa peau. Et pourtant lui aussi a été tout proche de ne jamais apparaître dans le film. Lors de la première journée de tournage, le jeune garçon était totalement pétrifié devant les caméras, n’arrivant pas à faire un mouvement et à sortir un mot de sa bouche ! Lui et ses parents ont sérieusement songé à abandonner le projet mais heureusement, il a fait preuve de persévérance et s’est rapidement repris pour réaliser la performance que l’on connaît tous si bien !

Après un tournage fait d’aller-retour entre la Belgique et la France, le film sort le 30 septembre 2009. À l’époque, on célèbre le cinquantième anniversaire de la création du Petit Nicolas. Et on peut dire que la fête a été réussi avec comme cadeau un vrai succès auprès de l’opinion publique et de très bon score au box-office : 5 435 865 millions de spectateurs en France (Allociné) !

Un pari fou : Les gardiens de la galaxie

On traverse l’atlantique pour vous raconter un nouvelle success story, celle des Gardiens de la Galaxie. Pas détesté mais plutôt méconnue du grand public, l’équipe de Peter Quill alias Star Lord grandissent dans l’ombre des autres superstars de l’univers Marvel tels que Iron Man, Spider-Man, ou les Avengers (Lire les incontournables). Exilé sur la planète de l’anonymat, le Comics pourtant crée en 1969 par le scénariste Arnold Drake et le dessinateur Gene Colan, peine à exister dans un mode de super héros où il est difficile de se faire une place sur le devant de la scène. Le film sorti en 2014 va complètement changer la donne ! L’adaptation cinéma réalisé par James Gunn va mettre le Comics sous les feux des projecteurs pour en faire un énorme succès à l’échelle planétaire ! Retour sur une des plus belles adaptations du 9ème art au cinéma.

Nous sommes en 2014. Les studios Marvel commencent petit à petit à battre de l’aile. La critique dénonce des schémas narratifs lassants et répétitifs de films en films chez le géant américain. Les équipes du pôle 7ème art doivent réagir en se montrant créatives. Marvel décide donc de jouer la carte de la surprise en misant sur Les Gardiens de la galaxie. Créée en 1969, l’équipe de héros est complètement reconstituée en 2008 avec de nouveaux personnages et son héros Star Lord à sa tête. Malgré ces changements, le comics est tout sauf célèbre. En se lançant dans le film en 2014, Marvel s’engage donc dans un pari complètement fou. Avec un budget dépassant les 150 millions d’euros, digne des plus grands blockbusters, les studios s’aventurent sur le terrain de l’innovation.

La prise de risque est totale, et cela à tous les niveaux. En plus de s’engager dans l’adaptation d’un comics méconnu du grand public, la réalisation du film est confiée à James Gunn. Seulement connu auprès d’un univers restreint pour des réalisations telles que le film d’horreur Horribilis ou la comédie mouvementée Super, le cinéaste est loin d’être une valeur sûre en tant que réalisateur ! Mais cela ne freine pas les studios Marvel qui croient décidément dur comme fer dans la voie de l’innovation totale. Critiqué pour un manque d’authenticité, la fabrique de comics ne veut pas lésiner sur l’originalité dans sa démarche.

James Gunn prend donc la tête des opérations et il a sa propre manière de faire les choses. Le réalisateur éprouve un malin plaisir à jouer la carte du décalage durant tout le long métrage. Avec des décors sublimes pendant tout le film, il marque déjà beaucoup de point, mais là où le cinéaste va s’illustrer, c’est par sa capacité à surprendre les spectateurs. D’abord par la musique, en employant parfois des bandes sons kitsch issue du répertoire des années 70, et surtout par les traits de caractère et les réactions de ses personnages principaux.

Le spectateur est systématiquement pris à contre-pied dans ce blockbuster. Les personnages n’ont pas du tout les caractéristiques habituelles des héros classiques. C’est tout le contraire, on pourrait plutôt  voir en eux un équipe d’anti-héros : Rocket Racoon est une sorte de raton-laveur géant armé qui tire à la moindre occasion, Groot est un végétal qui a plutôt l’allure d’un monstre et d’un « méchant » , Peter Quill est un peu le stéréotype de la grosse brute qui manque de réflexion, et Drax le Destructeur a plus l’allure d’un mercenaire que d’un super héros. Seul Gamora semble rentrer dans les codes classiques de l’héroïne. Mais ce sont justement ces différences qui vont faire tout le charme des Gardiens de la Galaxie. Ces mélanges de personnalité, et ce brin de folie contraste avec le sérieux et les enjeux que revêt les missions  de l’équipe, qui semble d’ailleurs devenir de plus en plus complémentaire au fil de l’intrigue.

James Gunn démontre également son talent par son habileté à créer un équilibre entre d’une part la dimension de blockbuster aux traits humoristiques  et d’autre part la dimension de film d’action où le spectacle tient le spectateur en haleine. Le film ne va donc pas manquer d’humour mais aussi de scènes culte où la bravoure des héros est au premier plan. En effet, les scènes de combat sont elles aussi nombreuses et la bataille finale s’étale sur près d’une demi-heure avec pléthore d’effets spéciaux. Les amateurs de spectacle sont servis ! Les studios ont eu raison de faire confiance à James Gunn.

Le réalisateur a réussi à mêler son style à l’univers Marvel, et il parvient à resituer son intrigue au milieu de ce vaste monde. Les relations et les références faites avec les autres super héros ne passent pas inaperçus. On voit notamment l’intervention de  Thanos au cours du film, et les Vengeurs sont eux aussi mentionnés dans l’optique d’une confrontation qui aura finalement lieu dans le volume 2 du film en 2017. Les studios Marvel ont donc réussi leur pari, et les chiffres au box-office le démontrent avec 323 331 487 millions de dollars de recettes engrangés aux Etats-Unis et 2 201 102 entrées en France (Allociné) !

Voilà donc 3 histoires d’adaptation qui nous rappelle à quel point le cinéma et le 9ème art sont complices. En tirant son inspiration de la BD ou des Comics, le 7ème art redonne parfois une seconde vie à des œuvres tapis dans l’ombre et à la recherche d’un nouveau souffle, on peut encore citer Aquaman au cinéma en ce moment ! En tout cas une chose est sur, la collaboration entre les deux art n’est pas prête de s’arrêter là !

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