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Être auteur, parcours du combattant

Publié le 21 janvier 2020 par Thomas Mourier

Pour beaucoup, c’est un rêve, pour ceux qui en ont fait leur métier, c’est un véritable tour de force de pouvoir en vivre. Absence de statut, faible rémunération, casse-tête administratif… Tour d’horizon des coulisses du métier d’auteur.

Qui est auteur de BD ? Comment le devenir ?  

Il n’y a pas de définition claire du métier d’auteur ou de ce qui fait de vous un auteur dans le droit français. Tout le monde peut être auteur en publiant, à compte d’auteur ou non : c’est votre œuvre qui fait de vous un auteur.

Les chiffres recensent habituellement les auteurs professionnels, qui déclarent cette activité comme leur activité principale.

Côté statut social, la Ligue des auteurs professionnels rappelle que  « Les auteurs ne sont ni des salariés, ni des indépendants, ni des intermittents. Leur spécificité est leur mode de rémunération : le droit d’auteur, lié à une histoire, à une philosophie de défense de la création, ainsi qu’à un fort attachement à la nature particulière de l’œuvre.
Le seul véritable statut professionnel des auteurs est leur “régime” de sécurité sociale. Il leur permet actuellement d’être affiliés par l’intermédiaire de l’Agessa ou de la MDA et par dérogation au régime général (Sécurité sociale, retraite). Cet accès dérogatoire a des effets de bords : par exemple, il n’y a pas eu de compensation automatique de la CSG. Enfin la couverture sociale des auteurs reste partielle : pas de cotisation et donc de droit au chômage, par exemple. »

Les auteurs en danger ?  

Les États Généraux de la BD rappelent que :

  • 53 % des auteurs de BD professionnels vivent avec moins que le SMIC.
  • 50 % des autrices de BD professionnelles vivent sous le seuil de pauvreté.
  • 88% des auteurs de BD n’ont jamais bénéficié d’un congé maladie.
  • 81% des auteurs de BD n’ont jamais bénéficié d’un congé maternité, paternité ou adoption.

D’autres chiffres à retrouver dans une enquête des États généraux de la bande dessinée.

La réforme des retraites des auteurs mais aussi la prise en charge de leurs cotisations par l’URSSAF a causé pas mal de désagréments administratifs et financier à une profession fragile.

Leur statut oblige les professionnels gagnant plus de 8 577 euros par an à cotiser au régime de retraite complémentaire des artistes et auteurs professionnels (Raap). La réforme prévoit 8 % des revenus bruts contre une cotisation de 219 euros jusque là.

Que gagne un auteur ?

Dans le camembert de l’édition, l’auteur touche la plus petite partie. Pour un livre vendu, il ne touche qu’entre 7 et 10% en moyenne du prix du livre.
Le plus souvent sous forme d’avance sur contrat qui ne sera complété que si les ventes du livre dépassent cette avance initiale (qui s’accompagne le plus souvent d’un nouveau tirage) Cet avaloir payé à la planche ou le plus souvent au forfait est la seule source de revenus pour un auteur qui va travailler 1 an /1 an et demi sur un album.

  • 41 % des auteurs professionnels affiliés vivent avec moins que le SMIC
  • Un quart des auteurs ne perçoit aucun à-valoir.
  • 30% des auteurs touchent moins de 3000 euros d’à-valoir.
  • Les droits d’auteurs moyens sont de 7,2 % pour l’ensemble du secteur, 5,2% en jeunesse, 3% lorsqu’il y a un co-auteur.

D’autres chiffres à retrouver dans une enquête des États généraux de la bande dessinée.

 Infographie du journal Le Parisien pour son enquête sur le marché du livre
Infographie du journal Le Parisien pour son enquête sur le marché du livre

10% minimum ?

Lors de la 2e édition des Etats généraux de la BD en juin 2019, les auteurs sont venus avec une revendication claire : 10 % minimum de droits d’auteur pour les livres imprimés, quel que soit le secteur éditorial ou l’importance de la maison d’édition.

Un métier qui n’est viable aujourd’hui que pour quelques rares élus, une grande partie des auteurs déclarent travailler à côté pour financer leur temps de création.

L’auteur n’a pas de salaire ou de minimum garanti, s’il ne travaille pas, il ne reçoit rien. A 63 ans, François Schuiten a annoncé au début de l’été 2019 qu’il “arrêtait la bande-dessinée” : « Je me suis rendu compte que pour pouvoir faire ce métier comme je le voulais, je devais développer à côté beaucoup d’activités rentables, pour pouvoir passer le temps que je voulais sur un livre.
Si je mets trois ou quatre ans sur un livre, c’est du temps qui n’est pas pris en compte par l’éditeur, en général. Le seul moyen de résoudre ça, c’est d’avoir d’autres choses à côté. Je me suis rendu compte qu’au fur et à mesure je travaillais beaucoup à côté pour pouvoir faire de la BD. C’était une équation de plus en plus en difficile à résoudre. »

=> Notre interview complète de François Schuiten <=

Et aujourd’hui ?

Les revendications des auteurs sont au coeur de l’actualité avec l’ouverture de BD2020, proposé par le Ministère de la Culture. Une initiative destinée à donner une couverture médiatique et des moyens au 9e art, mais dont les auteurs semblent les grands absents…

Une lettre ouverte au président du SNE par la Ligue des Auteurs Professionnels a été publiée cette semaine rappelant ces chiffres à quelques jours du Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême et invitant la profession au « dialogue social encadré par l’État et d’une politique volontariste en faveur des auteurs et autrices est venu. C’est l’avenir de la culture française qui se joue aujourd’hui. »

=> Lire notre article 2020 année de la BD, les auteurs absents de la fête ? <=


Image principale © Denis Bajram

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